Une marée noire à plus de 2 milliards

2,35 milliards de dollars très exactement : la facture continue à s’alourdir pour BP, toujours englué dans ses opérations de pompage, et toujours incapable de stopper définitivement la pire pollution qu’ait connue l’Amérique.

La note grimpe régulièrement, et cette hausse vertigineuse n’est pas près de s’arrêter au vu de l’incapacité de BP à stopper le flux de brut : pour le groupe pétrolier britannique, les dépenses liées à la marée noire du golfe du Mexique ont désormais atteint la somme faramineuse de 2,35 milliards de dollars. Soit environ 1,9 milliard d’euros… Une somme qui inclut l’ensemble des dépenses effectuées par le groupe pour contenir et nettoyer le pétrole, le forage de puits de secours, les aides versées aux États riverains, les dommages déjà remboursés, et les sommes payées aux autorités fédérales. Elle ne permet, bien évidemment, pas encore de chiffrer le coût final de la catastrophe.

Depuis l’explosion et le naufrage fin avril de la plateforme Deepwater Horizon, au large de la Louisiane, les coûts du groupe pétrolier pour enrayer et nettoyer la marée noire s’envolent, sans que le pétrole cesse pour autant de s’écouler dans l’océan : il a déjà souillé plus de 200 km de côtes. Lundi, BP avait annoncé que ses dépenses liées à la marée noire avaient atteint la barre des deux milliards de dollars. La semaine dernière, le groupe avait annoncé la création d’un fonds de 20 milliards de dollars, qui sera consacré à l’indemnisation des victimes de la marée noire. Mais cette somme ne constitue pas un plafond et la facture finale pourrait être bien plus élevée.

Mais les dégâts ne sont pas seulement financiers : ils concernent aussi l’image de BP. Pour tenter d’améliorer un peu les choses sur ce plan, le groupe s’est doté d’un nouveau « Monsieur marée noire » : c’est désormais Robert Dudley qui a pris la direction effective des opérations contre la marée noire, pilotées jusque-là par son directeur général, Tony Hayward, qui avait multiplié les gaffes et était raillé pour son accent britannique. Dudley, fort d’une carrière de 30 ans dans le pétrole, a l’avantage d’être américain et surtout, il a grandi dans le Mississippi, un des quatre États touchés par la marée noire.

La pollution a jusqu’à présent souillé plus de 200 km de côtes et fortement perturbé l’industrie de la pêche et le tourisme, deux poumons économiques de la région avec le forage en mer. En Floride, les autorités ont pris une mesure draconienne jeudi en décidant d’interdire les bains de mer dans le nord-ouest de cet État dont une bonne partie des revenus provient du tourisme estival. Et au large, faute de disposer encore d’un puits de secours, BP poursuit ses opérations de pompage, dramatiquement interrompues cette semaine : l’entonnoir qui permet de capter une partie du pétrole et du gaz qui fuient par 1500 mètres de fond a été ôté en catastrophe pendant une dizaine d’heures à la suite d’une collision avec un robot téléguidé. L’engin avait apparemment fermé une des soupapes, augmentant la pression dans l’entonnoir et risquant de le boucher au cas où des hydrates y formeraient des cristaux de glace. Pendant cette dizaine d’heures, c’est donc à gros bouillons que le pétrole s’est répandu dans l’océan : le gouvernement américain a estimé en effet que 30.000 à 60.000 barils de pétrole s’échappent du puits chaque jour, soit 4,77 à 9,53 millions de litres.

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