Brevet 2010 : sujet et corrigé de Français

Sujet de Français

Pour le français cette année, deux textes de Colette, l’un pour les questions et la réécriture, l’autre pour la dictée… Voici le sujet de français en entier !

Première partie (1h30) : Questions, Réécriture, Dictée (25 points)

Le texte de Colette

Questions (15 points)

Réécriture (4 points)
Réécrivez le texte des lignes 1 à 13 en utilisant le système des temps du passé (plus-que-parfait, imparfait, passé simple).

Dictée (6 points)

Deuxième partie (1h30) : Rédaction (15 points)

Un peu plus tard, le père rejoint sa famille à la plage. Un dialogue s’engage entre les trois personnages : la mère explique à son époux ce qui vient de se passer ; Jojo proteste ; le père tente de les réconcilier . Écrivez ce dialogue.

► Corrigé du Français

QUESTIONS (15 points)

I. Une famille à la plage

1. Les enfants sont comparés à de la viande que l’on cuisine : « cuire », « rôtir » (l. 1) « mijoter », « bain-marie » (l. 2), qui appartiennent au champ lexical de la cuisson des aliments.

2. Les deux enfants jouent sur la plage. Job et sa sœur s’amusent à creuser le sable : Job a « la pelle aux doigts » (l. 8). Les « flaques chaudes » (l. 2) dans lesquels les enfants « mijotent » désignent les plans d’eau qui apparaissent là où le sable a été creusé. Jeannine se trouve à l’intérieur de la « cuve de sable » (l. 19), « fouit comme un ratier » (l. 19).

3. a) Dans le premier paragraphe, la mère lit avec plaisir un livre, un « roman mystérieux » (l. 4) dont elle « s’enivre » (l. 3), sur la plage, à l’ombre d’un parasol.
b) Absorbée dans sa lecture, la mère ne surveille pas ses enfants, qu’elle « oublie délicieusement » (l. 3).

4. a) Le verbe « s’enivrer » a ici un sens figuré, puisqu’il ne désigne pas le fait de se mettre dans un état d’ivresse, mais le fait d’éprouver de l’exaltation. En effet, la mère ne s’enivre pas d’alcool, mais d’un livre « mystérieux » (l. 4) qui la plonge dans une vive émotion : elle a « les joues chaudes » (l. 4 et 5), les yeux « hallucinés » (l. 11).
b) « hallucinés » est le participe passé du verbe « halluciner », équivalent à un adjectif qualificatif (nature), et est une épithète détachée du groupe nominal « les yeux » (fonction).
c) Le participe passé « hallucinés » s’inscrit dans le même champ lexical que « s’enivrer » : celui des émotions fortes.

II. L’action :

1. Le dialogue entre la mère et son fils a du mal à s’engager : le fils doit répéter trois fois « maman » (l. 7 et 10) et il « attend » (l. 8). La mère met un temps à lever « enfin » les yeux (l. 11) et manifeste de l’irritation : « elle jette dans un petit aboiement excédé : quoi ? » (l. 11-13). Son impatience se manifeste dans cette façon de répondre à son fils.

2. a) Le livre échappe brutalement des mains de la mère au point qu’il semble « voler », sa chaise (le « pliant ») tombe : la mère est saisie par une émotion soudaine et violente. b) « Le livre vole » : il s’agit d’une métaphore, le livre étant ici comparé à un oiseau ; « le pliant tombe » : il s’agit d’une métonymie, puisque c’est en réalité la mère qui est sur la chaise qui tombe ; on peut remarquer aussi l’antithèse entre le verbe « voler » et « tomber » (directions contraires).

3. a) On peut remplacer « alors » par « donc ». b) Il s’agit d’un rapport de déduction, de cause à conséquence. C) Jojo a l’air d’un enfant placide, « patient et têtu » (l. 8) puisqu’il annonce la noyade de sa sœur à sa mère avec un grand calme et beaucoup de détachement : il expose calmement son raisonnement, qui est méthodique (constat, conséquence) sans être débordé par ses émotions ; les virgules ralentissent la première phrase ; ses phrases sont terminées par des points et non par des points d’exclamation.

4. La mère formule deux reproches à l’encontre de son fils : il l’importune (en l’empêchant de nuire) et il n’aime pas sa sœur, voire même, est indifférent à ce qui l’entoure.

5. a) La ponctuation est fréquente. Remarquons le triple point d’exclamation, qui est même incorrect dans la langue écrite. b) cet usage de la ponctuation souligne l’indignation de la mère.

III. Une scène de comédie :

1. Le dialogue occupe la plus grande partie du texte (l. 5 à 25). La description de la scène, de par sa brièveté (la première phrase est nominale) s’apparente à des didascalies, qui donnent des indications sur les attitudes des acteurs et sur ce qui se trouve sur la scène : l’expression « on a mis » (l. 1) renforce l’idée d’une mise en scène. Les réactions de la mère s’accompagnent de « jeux de scène » : le livre qui vole, la chaise qui tombe, elle tourbillonne, joint les mains … Mais il s’agit d’un récit dans la mesure où le narrateur nous fait part des pensées de la mère : son plaisir de lire (« délicieusement » l. 3), sa déception devant son fils qui se comporte comme « un petit enfant sauvage » (l. 27).

2. a) La mère est comparée à une mouette et la fille à un chien.
b) Elles sont toutes les deux comparées à des animaux.

3. Ce qui est comique ici est que son raisonnement a l’air logique (constat, conséquence), alors qu’en réalité il ne l’est pas du tout : la noyade n’est pas la seule chose qui puisse expliquer que sa sœur ne soit plus là. Il envisage immédiatement le pire, au lieu de dire à sa mère qu’il ne voit plus sa sœur. D’autre part, le comique réside dans le contraste entre son calme et l’annonce tragique de la mort de sa sœur.

IV. Pour conclure :

La mère apparaît incapable de dominer ses réactions : d’abord « enivrée », « halluciné[e] » par sa lecture, elle est « excédé[e] » par son fils, puis éprouve une violente émotion qui la fait ressembler davantage à un oiseau affolé qu’une femme. Sa colère d’avoir été inutilement dérangée est tout aussi passionnée. Au contraire, l’enfant est calme et posé, réfléchi. Il est sincère, ne cherche pas à s’amuser. Ainsi, nous pouvons assister à un renversement : c’est la mère qui se comporte comme un enfant, et son fils qui paraît endosser le rôle de l’adulte.

RÉÉCRITURE (4 points)

Ici ne sont indiqués que les verbes ; les phrases du dialogue restent au présent.
–       Avait mis
–       Rôtissaient
–       Mijotaient
–       Oubliait
–       S’enivrait
–       Attendait
–       Se levèrent
–       Jeta
–       Répéta

DICTÉE (6 points)

La mer est partie si loin qu’elle ne reviendra peut-être plus jamais ?… Si, elle reviendra, traîtresse et furtive comme je la connais ici. On ne pense pas à elle ; on lit sur le sable, on joue, on dort, face au ciel, jusqu’au moment où une langue froide, insinuée entre vos orteils, vous arrache un cri nerveux : la mer est là, toute plate, elle a couvert ses vingt kilomètres de plage avec une vitesse silencieuse de serpent. Avant qu’on l’ait prévu, elle a mouillé le livre, noirci la jupe blanche, noyé le jeu de croquet et le tennis.
D’après Colette, « Partie de pêche », Les Vrilles de la vigne (1908).

DICTÉE FAUTIVE (6 points)

La mer est partie si loin qu’elle ne reviendra peut-être plus jamais ?… Si, elle reviendra, traîtresse et furtive comme je la connais ici. On ne pense pas à elle ; on lit sur le sable, on joue, on dort, face au ciel, jusqu’au moment où une langue froide, insinuée entre vos orteils, vous arrache un cri nerveux : la mer est là, toute plate, elle a couvert ses vingt kilomètres de plage avec une vitesse silencieuse de serpent. Avant qu’on l’ait prévu, elle a mouillé le livre, noirci la jupe blanche, noyé le jeu de croquet et le tennis.
D’après Colette, « Partie de pêche », Les Vrilles de la vigne (1908).

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