La littérature, fenêtre sur le monde

Pourquoi lit-on Madame Bovary ou Da Vinci Code  ? À quoi bon se passionner pour des histoires inventées de toutes pièces et pleurer sur le sort de personnages qui n’ont jamais existé ? Le divertissement n’est pas le seul apport de la littérature. Par le détour de la fiction, elle élargit notre expérience et nous offre un autre regard sur le monde et sur nous-mêmes. En ce sens, elle est une science humaine – sous des formes moins savantes et parfois austères. Le polar ou les romans contemporains nous plongent dans des univers sociaux que les sociologues explorent par d’autres voies. Le roman historique fait revivre des personnages là où l’histoire ne peut s’en tenir qu’aux faits et aux archives. La littérature d’introspection nous fait entrer dans la tête des personnages, mieux parfois que la psychologie. La littérature incarne à sa manière les dilemmes existentiels et interrogations philosophiques, que tous les lecteurs, petits et grands, se posent sur le sens de la vie.

Extrait du Dossier publié dans : Sciences Humaines
Mensuel N° 218 – août/septembre 2010 – 6€50

Pourquoi lit-on des romans ?
Le roman se porte bien. Il s’en vend chaque année en France six fois plus que d’ouvrages de sciences humaines (1), sans compter la florissante littérature de jeunesse. Pourquoi un tel succès ? La réponse n’a rien d’évident. Le roman ne prétend ni à la vérité, ni à l’objectivité. Sa lecture exige un effort de plusieurs heures, plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Pour quel résultat, quelle rentabilité ? Que cherche-t-on dans la lecture d’un roman, que l’on ne trouverait ni dans les ouvrages théoriques ou pratiques, ni dans les films, ni dans le flot de divertissements mis à la disposition du consommateur contemporain ?

Avant d’entamer cette enquête, commençons par interroger ce terme, « roman ». De quoi parle-t-on ? Derrière le même mot se carambolent des types de textes bien différents, romans à thèses, romans réalistes, polars, romans-feuilletons, romans épistolaires, romans de gare, romans pour femmes, romans pour enfants, romans de cape et d’épée, Mme de Lafayette, Marcel Proust, Guillaume Musso… On est souvent tenté d’exclure du genre romanesque les fables, les contes, les nouvelles, les récits, les mémoires. Mais on y admet parfois les nouvelles formes narratives qui circulent via Internet ou le téléphone portable. Ces catalogages ne sont pas toujours convaincants. La mise en garde de Guy de Maupassant vaut toujours : « Le critique qui ose encore écrire : “Ceci est un roman et cela n’en est pas un” me paraît doué d’une perspicacité qui ressemble fort à de l’incompétence (2). »

Le roman est pluriel, donc, et c’est la raison pour laquelle il n’existe aucune raison univoque de s’engouffrer dans sa lecture. Genre en perpétuelle métamorphose, il a pour seule constante son inconstance. Quels que soient les savoirs qu’il charrie et les ambitions théoriques qui peuvent être les siennes, il demeure le moins scientifique des discours. Le roman n’expose pas les faits, n’explore pas les concepts, ne déduit pas les idées. À la rigueur de la science, il oppose l’aléatoire et l’imprévu. Contre l’universel et le conceptuel, il dresse le singulier, l’éphémère, le minuscule, le sensuel, le hasard d’une rencontre, le battement d’un cœur, la violence d’un sentiment ou d’une altercation… D’où la tentation de ranger la lecture de romans au rayon des activités distrayantes, voire sentimentales, là où les ouvrages plus didactiques se réserveraient le rayon de la connaissance. « Le véritable domaine de la cognition est la science, affirme ainsi Ronald Shusterman, spécialiste d’esthétique. La fiction n’est jamais une connaissance (3). »

Pourtant, de nombreuses voix s’élèvent pour affirmer le « pouvoir heuristique » ou encore la « puissance cognitive » de la littérature. Ce que nous chercherions dans les romans, ce serait à « mieux connaître » l’humain, le monde, la vie. Ainsi Tzvetan Todorov rappelle-t-il que « la littérature est la première des sciences humaines » (encadré ci-dessous). Gérard Genette, Jean-Marie Schaeffer, Rainer Rochlitz affirment tous à leur façon que l’apport du roman est d’ordre cognitif. Des historiens cherchent dans la littérature des « vérités historiques ». Même les sciences cognitives apportent leur pierre à cet édifice théorique : armées de leurs connaissances sur les mécanismes du cerveau, elles tentent des incursions du côté de la critique littéraire (4).

Dans cette effervescence, il reste une question qui embarrasse et dresse des lignes de partage entre littéraires, sociologues, historiens, cognitivistes : quel type de savoir spécifique le roman apporterait-il ? Certes, les romans peuvent reconstituer un univers historique, décrypter des relations sociales ou nous informer de manière frappante sur la psychologie humaine. Mais de ce point de vue, ils n’ont aucune exclusivité par rapport aux sciences humaines, aux essais ou au cinéma. C’est pourquoi il faut distinguer le contenu de connaissances dont un texte est porteur, et l’imaginaire qu’il déploie. Réduire Jules Verne au rôle de vulgarisateur des sciences de son temps, c’est passer à côté des raisons qui poussent toujours des adolescents à se passionner pour les rêves du capitaine Nemo, ignorer la mise en scène des passions les plus archaïques orchestrée dans Vingt mille lieues sous les mers (1870) : volonté de puissance, démesure, misanthropie… De même, L’Étranger (Albert Camus, 1942) constitue à certains égards une synthèse des grands thèmes de la philosophie existentialiste : la solitude, la mort, l’altérité, l’absurde. Mais comme le remarquait Roland Barthes, « ce qui fait de L’Étranger une œuvre, et non une thèse, c’est que l’homme s’y trouve pourvu non seulement d’une morale, mais aussi d’une humeur (5) ». On pourrait dire exactement la même chose des romans de Michel Houellebecq, qui nous informent sur la psychologie amoureuse ou le tourisme de masse, mais dont la valeur essentielle tient à l’ambiance inédite qui s’en dégage. Ambiance, atmosphère d’un monde couché sur du papier ou humeur d’un personnage inventé de toutes pièces : intuitivement, nous sentons que les mots de l’auteur disent « quelque chose » de singulier sur notre époque ou sur nous-mêmes. Précisément parce que leur texture est faite de rêves et de mots, et non de faits et d’idées, les romans enrichissent simultanément notre compétence linguistique et notre appréhension du réel. Dynamitant les catégories toutes faites pour penser l’humain et la société, ils offrent même un « formidable matériel pour stimuler l’imagination des sociologues », estiment Anne Barrère et Danilo Martuccelli.

De son côté, la philosophie morale s’intéresse au rôle pédagogique du roman. Martha Nussbaum, l’une de ses représentantes les plus célèbres, insiste sur la capacité des fictions à montrer ce que la philosophie échoue à démontrer. L’art du romancier consiste à voir le monde ; l’art du lecteur revient à emprunter les yeux d’un autre, le narrateur. À cet égard, le roman permet de se retrouver tour à tour dans la peau d’un détective, d’une amoureuse, d’un dictateur ou d’un orphelin. La fiction nous procurerait, en quelque sorte, des vies par procuration. En ce sens, elle agit comme un multiplicateur d’expériences, et ce dès l’enfance. Elle nous met ainsi en contact avec la complexité de nos propres vies comme de celles des autres. De son côté, le Français Michel Picard, dans La Lecture comme jeu (Minuit, 1986), parle de « modélisation par une expérience de la réalité fictive ». En quelque sorte, le lecteur expérimente des situations qu’il ne peut pas vivre dans la réalité. Il peut choisir certaines situations, en refuser d’autres, et acquérir les bénéfices de ces expériences sans en encourir les dangers réels.

À cet égard, l’une des dimensions les plus frappantes de la lecture d’un roman consiste dans sa fonction télépathique. En lisant un roman, tout lecteur se surprend à proférer mentalement des idées qui ne sont pas les siennes. Ainsi, avançant dans Les Mémoires d’Hadrien, de Marguerite Yourcenar (1951), je reprends à mon compte le « je » qui s’y exprime. Je me retrouve propulsé dans la tête d’un empereur romain au soir de sa vie. Cette intériorisation de l’autre explique l’intimité exceptionnelle que nous ressentons à l’égard de certains personnages. Nous les sentons vivre, parler, agir « en nous ». Cette expérience si particulière, tantôt dérangeante, tantôt réjouissante, aucun film ne peut la reproduire. On comprend dès lors pourquoi l’adaptation de romans à l’écran s’avère souvent si décevante…

Processus cognitif, la lecture se redécouvre donc aussi comme un processus affectif extrêmement puissant. Tout roman parle à notre intelligence, mais aussi à notre cœur. Après Umberto Eco, qui comparait la lecture d’un roman à un jeu d’échec (6), M. Picard reprend cette image du jeu pour l’enrichir. Selon lui, la lecture d’un roman combine deux activités ludiques bien distinctes : le « game » et le « playing ». Le game, tout comme le jeu d’échec, s’enracine dans la raison : c’est le jeu de réflexion, qui fait appel à notre intelligence, nos capacités d’adaptation et d’anticipation, notre sens stratégique. Le playing s’enracine dans l’imaginaire : c’est le jeu de rôle, qui se fonde sur l’identification à une figure imaginaire. D’un côté, le lecteur s’échappe avec le personnage, voyage dans le temps et vit des intrigues palpitantes ; de l’autre, il émet des hypothèses sur la suite de l’histoire et garde un esprit critique. Ce modèle a pour mérite de réhabiliter le « voyage imaginaire » proposé par toute fiction narrative, sans négliger pour autant la dimension réflexive de la lecture.

Dans cette lignée, quelques théoriciens de la littérature interrogent les notions d’émotion, de plaisir et d’évasion. Car l’immense majorité des lecteurs l’affirme : ils lisent des romans d’abord pour s’évader et se distraire, davantage que pour réfléchir et acquérir des connaissances. Cette évidence, longtemps dédaignée par la théorie littéraire, trouve de nouveaux – et très sérieux – promoteurs. Ainsi Vincent Jouve, l’auteur de L’Effet-Personnage dans le roman propose-t-il de remettre le personnage au centre du processus de la communication littéraire (7). Ce théoricien de la littérature voit dans l’identification aux personnages le fondement de nos émotions littéraires : « C’est parce qu’un lien affectif nous unit à Lucien de Rubempré que, poursuivant la lecture des Illusions perdues, nous nous intéressons aux raisons – psychologiques et sociales – qui ont causé sa perte. C’est parce que les personnages de Proust sont tour à tour séduisants, antipathiques ou amusants qu’on parcourt à plaisir le monde de La Recherche, acceptant du même coup la vision de la vie et de l’art qui s’y reflète. Vouloir évacuer l’identification – et par conséquent l’émotionnel – de l’expérience esthétique semble dès lors voué à l’échec (8). »

On peut aller plus loin encore, et affirmer que les émotions ressenties, les rêves formulés pendant la lecture ont un impact non seulement sur l’interprétation que nous faisons d’un roman, mais aussi dans notre propre existence. Le lecteur ne conforme pas nécessairement ses actes à ceux des personnages (aimer Sade, ce n’est pas devenir sadique, pas plus qu’étudier Machiavel ne rend machiavélique). Mais il peut transposer dans sa vie des humeurs, émois et formules empruntés au roman favori. La phrase du dandy Oscar Wilde, à propos d’un personnage de Balzac, est restée célèbre : « La mort de Lucien Rubempré est le plus grand drame de ma vie. » Marco Vargas Llosa, un auteur contemporain, confirme à sa manière : «  Une poignée de personnages littéraires ont marqué ma vie de façon plus durable qu’une bonne partie des êtres en chair et en os que j’ai connus. » On sait aussi que le Werther de Goethe (1774) a poussé des adolescents au suicide ou que La Nouvelle Héloïse, de Jean-Jacques Rousseau (1761), a modifié l’équilibre affectif de plusieurs générations.

Que cherche-t-on alors dans cette expérience, qui peut s’avérer déstabilisante ? Et que risque-t-on ? C’est là que l’on en revient à la plurivocité fondamentale du genre romanesque : tout dépend du roman choisi. L’habileté des best-sellers consiste à nous présenter des personnages qui nous ressemblent. Leurs valeurs sont les nôtres, leurs passions nous parlent, précisément parce qu’elles sont stéréotypées. Ces romans encouragent ainsi le lecteur dans ses croyances et ses attentes. C’est un mécanisme bien connu de la psychologie sociale : parce que l’autre me ressemble, il me sécurise. Me voilà protégé et rassuré par le personnage de roman, que je chéris en retour. À l’inverse, certains romans plus ambitieux nous confrontent à une altérité radicale. C’est le cas, par exemple, de L’Idiot de Fedor Dostoïevski (1868), de Lolita de Vladimir Nabokov (1955) ou encore des Bienveillantes de Jonathan Littell. L’intérêt ne vient plus de ce que nous y reconnaissons de nous-mêmes, mais de ce que nous sommes susceptibles d’y apprendre de notre part d’ombre. Dans un cas, le lecteur cherche une confirmation de soi ; dans l’autre, une confrontation à soi. Dans tous les cas, remarque V. Jouve, « l’autre du texte, qu’il s’agisse du narrateur ou d’un personnage, nous renvoie toujours, par réfraction, une image de nous-mêmes (9) ».

L’ambition de ce dossier est de rendre compte du renouveau des approches de la littérature, tant du côté de la théorie littéraire que des sciences humaines. L’attention au lecteur, à ses motivations, à son vécu – et non plus seulement au texte littéraire –, en est une des facettes les plus vivifiantes. Qu’ils insistent sur la dimension cognitive, morale ou affective de la lecture, ces travaux rompent avec un vieux dogme. Lire, ce n’est pas seulement converser avec de grands auteurs du passé et du présent. C’est une expérience de pensée. C’est accueillir en soi d’autres langues, d’autres mondes et d’autres caractères. C’est incorporer dans sa personnalité des savoirs et émois nouveaux. Se saisir d’un roman, c’est prendre rendez-vous avec soi.

Source : SciencesHumaines.com

NOTES :
(1) Observatoire de l’économie du livre, « Le secteur du livre : chiffres clés 2008-2009 », rapport du ministère de la Culture, littérature jeunesse non comprise, mars 2010.
(2) Guy de Maupassant, « Le roman », préface de Pierre et Jean, in Romans, Gallimard, « La Pléiade », 1987.
(3) Ronald Shusterman, « Quand lire, c’est faire : la valeur non cognitive de la fiction », Tropismes, n° 11, 2003.
(4) Voir Rémi Sussan, « Sciences cognitives : vers une nouvelle critique littéraire ? », Le Monde, 30 avril 2010.
(5) Roland Barthes, « L’Étranger, roman solaire », in Œuvres complètes, t. I, 1942-1961, 1993, rééd. Seuil, 2002.
(6) Umberto Eco, Lector in fabula. Le rôle du lecteur, trad. fr. Grasset, 1985
(7) Vincent Jouve, L’Effet-Personnage dans le roman, Puf, 1992.
(8) Vincent Jouve, La Lecture, Hachette, 1993.
(9) Ibid.

► Qui lit quoi ?

J’emprunte donc je lis
Pour savoir ce que lisent les Français, on ne peut guère s’en tenir aux meilleures ventes de livres. Et pour cause, 6 millions de personnes empruntent chaque année plus de 132 millions d’ouvrages dans les bibliothèques municipales. Une enquête menée par le sociologue Claude Poissenot et parue dans Livres Hebdo (n° 780, 5 juin 2009) permet de mieux cerner les spécificités des emprunts. Premier constat, la fiction représente 99 % des titres les plus empruntés. Bien plus donc que pour les ventes de livres.
La bande dessinée a une place beaucoup plus importante que dans les ventes. «  Autant l’emprunt de BD est marqué dans les bibliothèques, autant la littérature occupe une place centrale dans les ventes. Au moins pour les titres à succès, la tendance est à l’achat de littérature et à l’emprunt de BD », explique le sociologue. Autre fait remarquable, les titres jeunesse occupent une place majeure. Les chiffres sont éloquents : dans les dix premières places du top 50 des livres les plus empruntés de janvier à octobre 2008, on compte six Titeuf de Zep et deux Tom-Tom et Nana de Jacqueline Cohen. Sur la même période, le dernier Harry Potter de J.K. Rowlings, qui est en tête des ventes, n’apparaît pas dans le top 50 des livres empruntés. Invoquer un « effet retard » des emprunts par rapport aux ventes ne suffit guère à expliquer le fait que le classement des livres les plus empruntés ne correspond pas à celui des best-sellers : « On voit émerger des “romans de bibliothèques” qui ont un succès dans ce cadre plus que dans le commerce du livre. (…) Dans la discrétion des choix faits en bibliothèques s’affirment des références littéraires qui ne trouvent guère dans les médias ou auprès des critiques une place importante. »

Le top 20 des livres les plus empruntés
1 L’amour, c’est pô propre… Zep, Titeuf, n° 2, Glénat, 1993.
2 Nadia se marie Zep, Titeuf, n° 10, Glénat, 2004.
3 C’est magique ! Jacqueline Cohen, Tom-Tom et Nana, n° 21, Bayard, 2004.
4 Tchô, monde cruel ! Zep, Titeuf, n° 6, Glénat, 1997.
5 Les Vacances infernales Jacqueline Cohen, Tom-Tom et Nana, n° 5, Bayard, 2004.
6 Ça épate les filles Zep, Titeuf, n° 3, Glénat, 1994.
7 Détective Conan Gosho Aoyama, Dargaud.
8 Rapt de nuit Patricia MacDonald, Albin Michel, 2008.
9 La Loi du préau Zep, Titeuf. n° 9, Glénat, 2002.
10 Et le derrière des choses Zep, Titeuf, n° 5, Glénat, 1996.
11 Mes meilleurs copains Zep, Titeuf, n° 11, Glénat, 2006.
12 Le Semeur d’alphabets Jean Anglade, Presses de la Cité, 2007.
13 Les Techniques secrètes Masashi Kishimoto, Naruto, n° 1, Kana, 2002.
14 L’Élégance du hérisson Muriel Barbery, Gallimard, 2006.
15 Max va à l’hôpital Dominique de Saint-Mars et Serge Bloch, Calligram, 1998.
16 Les hommes qui n’aimaient pas les femmes Stieg Larsson, Actes Sud, 2006.
17 Death Note Tsugumi Ohba, Kana.
18 Poux, papous et pas papous Jacqueline Cohen, Tom-Tom et Nana, n° 20, Bayard, 2004.
19 Les Bois de Battandière Françoise Bourdin, Belfond, 2007.
20 Drôle de cirque ! Jacqueline Cohen, Tom-Tom et Nana, n° 7, Bayard, 2004.
Source : Livres Hebdo, n° 780, 5 juin 2009.

Les préférences littéraires des français
Si les livres pratiques sont les plus lus, les romans policiers et les autres romans sont les genres préférés des Français. La progression des romans policiers sur dix ans est très nette au détriment des autres romans, globalement en recul. Les romans sentimentaux se portent bien (avec une bonne proportion de lectrices chez les 15-30 ans). Les romans de science-fiction et de fantastique sont plutôt en progression.
Prédilection des femmes pour la fiction : sans surprise, 92 % du lectorat des romans sentimentaux sont des femmes. Mais elles représentent aussi 82 % du lectorat des biographies romancées et plus des deux tiers de celui de la littérature classique ou des romans contemporains. Les ouvrages de science-fiction et de fantastique par contre sont presque autant lus par les hommes que par les femmes. Les hommes globalement préfèrent les essais, les livres d’histoire, les bandes dessinées ou les mangas.

Préférences en matière d’auteurs
L’enquête 2008 sur les pratiques culturelles s’est intéressée au lectorat des auteurs à succès pour tenter de cerner certaines spécificités. Il apparaît notamment que Michel Houellebecq, Amélie Nothomb et Fred Vargas ont par rapport aux autres auteurs de la liste un lectorat plus homogène socialement (ils sont les moins lus par les personnes faiblement diplômées) et qui comprend la plus forte proportion de forts lecteurs (au moins vingt livres lus par an).
À l’inverse, les deux auteurs de bande dessinée Zep et Goscinny touchent le plus les faibles lecteurs. Reste qu’ils ont aussi souvent été lus par de forts lecteurs. En dépit des apparences, Harry Potter n’est pas seulement un titre pour enfants et adolescents : 22 % des femmes et 14 % des hommes de 31 à 45 ans en ont déjà lu un tome. Quant au lectorat de Marc Levy et de Bernard Werber, il apparaît très diversifié, réunissant à la fois de forts lecteurs mais aussi de plus faibles ou alors centrés sur un genre particulier, la science-fiction dans le cas de Bernard Werber, le roman sentimental pour Marc Levy.
Source : Olivier Donnat, Les Pratiques culturelles des Français à l’ère numérique. Enquête 2008, La Découverte/ministère de la Culture et de la Communication, 2009.

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