Dossier : Les réactions du corps face au soleil

L’été sur la plage rime souvent avec farniente et bronzage, mais parfois il se solde par une insolation, un coup de soleil voire pire, une hydrocution. Familiarisez-vous avec les parades élaborées par notre corps devant les rayons solaires.

Bronzage : un mécanisme de défense de la peau
Les vacances d’été approchent à grands pas, les maillots de bain sont déjà dans les valises et la crème solaire à proximité. Objectif : être bronzé pour faire pâlir de jalousie l’entourage. Mais savez-vous que derrière ce teint hâlé se cache une vraie protection de notre organisme ?
• Un mécanisme de défense
Notre organisme rivalise d’ingéniosité pour se prémunir des attaques extérieures : globules blancs, plaquettes… Mais la première barrière de défense n’est autre que notre peau. Le soleil émet des rayons extrêmement agressifs pour notre corps : les UV. Leur intensité est déjà amoindrie considérablement par l’ozone -couche protectrice de l’atmosphère- qui joue le rôle de filtre.
La peau est constituée du derme, partie profonde de la peau, et de l’épiderme, partie superficielle. Celle-ci est constituée de cellules particulières, les mélanocytes. Leur rôle est de produire en grande quantité un pigment, la mélanine, chargé de protéger les cellules plus profondes du rayonnement ultra violet. Plus le corps est exposé au soleil, plus les mélanocytes vont être sollicités et se multiplier pour remplir leur fonction.
La mélanine est un pigment brun marron d’où l’assombrissement progressif de la peau sous l’effet des UV. Attention, les hommes ne sont pas égaux face à la concentration en mélanine. Tout est là encore une question de gènes. Plus vous avez la peau naturellement mate, plus vous disposez de ce pigment protecteur.
• Une double protection
La mélanine ne suffit pas à elle seule pour défendre l’organisme des effets nocifs des UV. Là, une deuxième parade est mise en place pour soutenir le pigment. L’épiderme contient d’autres cellules concentrées en kératine, molécule présente dans les ongles et les cheveux : les kératinocytes. Disposées en surface, elles se multiplient en nombre devant l’exposition au soleil créant une sorte de troisième couche de la peau assez dure et surtout imperméable aux rayons UV.
La mélanine migre souvent des mélanocytes vers les kératinocytes pour renforcer l’imperméabilité. Cette disposition du pigment dans la peau explique que le bronzage est éphémère et ne dure pas. Tout le monde connaît la désagréable sensation de peler et de s’éplucher comme une orange. Ce peeling naturel ou la desquamation élimine en même temps que les cellules riches en kératine, la mélanine responsable de ce teint doré. Seul moyen de repousser l’inéluctable : l’hydratation.

La cure de vitamine et de bien être
Les dermatologues mettent l’accent sur la nocivité du soleil. Une prévention alarmiste mais indispensable au vue de l’accroissement des cancers de la peau. Pourtant, se dorer la pilule a du bon.
• Un apport naturel de vitamine D
Difficile à l’heure actuelle d’expliquer que tout n’est pas mauvais dans le soleil. Le Dr Michael Holick spécialiste de la vitamine D en a fait les frais. En osant conseiller de s’exposer au soleil en moyenne 10 minutes 2 à 3 fois par jour sans protection lui a coûté son poste au département de dermatologie de l’université de Boston. Pourtant notre corps est capable de synthétiser naturellement la vitamine D. Sans les UV, nous devrions consommer cette vitamine présente dans les aliments et plus particulièrement dans le poisson. Alors comment le soleil nous dope ?
Tout se passe au niveau de la peau. A partir de dérivés du cholestérol présents naturellement dans l’organisme, les rayons ultra-violets vont alors les transformer en vitamine D3. S’en suit une cascade de modifications que l’on nomme hydroxylation (ajout d’un groupement hydroxy- oxygène et hydrogène- sur la molécule) au niveau du foie puis des reins. La vitamine D est alors active et prête à l’emploi. Sans le soleil, il faudrait se suffire des apports alimentaires.
• Une sécrétion variable
Suivant les saisons, l’ensoleillement fluctue et donc la synthèse de vitamine D aussi. C’est pourquoi en hiver, il est indispensable de combler cette carence par les aliments surtout le poisson. Cette vitamine D joue un rôle important dans la fixation du calcium par l’intestin et du phosphore par les reins. Résultat : le corps renforce ses os qui absorbent le calcium.
La vitamine D est encore plus indispensable chez les femmes âgées car plus sujettes à souffrir d’ostéoporose, mais également à l’adolescence où la croissance est la plus importante.
• Un sentiment de bien être
Vous avez tous certainement ressenti cette sensation de plénitude et de bonheur lorsque vous vous faites bronzer. Est-ce juste parce que vous êtes en vacances ? Et bien pas uniquement, ce bien être a une source physiologique bien définie : l’endorphine.
Les kératinocytes ne se contentent pas uniquement de fortifier la peau et de l’imperméabiliser un peu plus aux UV ; elles secrètent également des hormones tels que l’alpha-MSH et la béta endorphine sous l’action du rayonnement ultra-violet B.
L’endorphine circule dans l’organisme pour atteindre le cerveau. Il se fixe sur des neurones dotés de récepteurs à morphine. Le message délivré est celui du plaisir et de la détente. Comme toute bonne chose, il faut « consommer » le soleil avec modération sinon gare au retour de manivelles.

Les risques d’une surexposition aux UV
Le coup de soleil est le signe d’abus des UV. Il peut s’aggraver en brûlure chez les sujets à la peau clair ou intolérante au soleil. Explications.
• Une surexposition au soleil
C’est chaud, rouge et douloureux, qui suis-je ? Le coup de soleil, bien sûr. Après des mois de grisaille, les vacanciers ont tendance à oublier que leur peau n’a pas été exposée au soleil et qu’elle est fragile. C’est dans ces moments là que le coup de soleil se fait sentir, surtout chez les personnes à la peau claire faiblement dotée de mélanine.
Les UVB comme les UVA sont extrêmement dangereux si l’on s’y expose trop longtemps. Chaque individu, suivant sa peau, dispose d’un certain temps d’exposition où les UV ne sont pas encore néfastes. Au-delà, les cellules épidermiques sont lésées par les UV déclenchant une réaction inflammatoire. Certains dermatologues préfèrent parler d’inflammation plutôt que de brûlure.
• L’inflammation déclenchée par le système immunitaire
Face à l’agression exercée par le rayonnement ultra-violet sur les cellules de la peau, le système immunitaire prend le relais pour la contrer. Les globules blancs sont alertés et déclenchent la libération d’histamine. Cette molécule diffuse de proche en proche et atteint les vaisseaux sanguins. Puissant vasodilatateur, elle augmente la taille des vaisseaux donc le débit sanguin. Elle est responsable de la couleur rouge et de la chaleur de la peau. L’érythème solaire ou le coup de soleil est le signe avant coureur d’une détérioration plus grave de la peau si la personne continue à s’exposer au soleil ou qu’elle attrape plusieurs coups de soleil. Les UV pénètrent plus profondément dans la peau déjà fragilisée et lèsent les cellules ainsi que l’ADN pouvant provoquer des cancers.
• Responsable du vieillissement cutané
Le bronzage comme les coups de soleil peuvent avoir à long terme des conséquences sur la santé de la peau. Il n’est pas rare d’observer chez les individus souvent exposés au soleil l’apparition précoce de rides et d’un vieillissement de la peau. Les responsables sont encore les ultra-violets mais surtout les UVA. Elles ont la plus grande longueur d’onde de tous les UV et peuvent donc pénétrer plus profondément dans les cellules de l’organisme. En réponse à cette intrusion, les cellules libèrent des radicaux libres, accélérateurs du vieillissement et des cancers. Plus l’exposition aux UV est importante, plus de radicaux libres sont émis au point de devenir incontrôlable par le corps. Ils s’attaquent à l’ADN des cellules en empêchant leur réplication, mais peuvent aussi endommager les membranes cellulaires, les protéines et détériorer le collagène. A terme, c’est la mort assurée des cellules.

Le coup de bambou !
Maux de tête, nausées et forte fièvre sont les symptômes d’une insolation. Cet état correspond à un dérèglement du contrôle de la température interne.
• Les signes avant coureurs
Il faut de prime abord faire la distinction, certes très mince, entre l’insolation et le simple coup de chaleur. Ces deux notions diffèrent dans la cause du trouble. Pour le coup de chaleur, la température du corps va augmenter à cause de la température ambiante, par exemple c’est ce qui s’est passé pendant la canicule de 2003. Pour l’insolation, l’origine de l’élévation de la température corporelle est l’exposition aux rayons du soleil et à la chaleur extérieure.
L’insolation arrive généralement lorsque la personne s’expose aux pires heures de la journée, à savoir entre 11 heures et 15 heures, sans parasol, ni casquette pour la protéger. A cela, l’effet est amplifié si l’individu ne pense pas à s’hydrater convenablement. Le cerveau va alors développer un œdème : c’est la congestion cérébrale. Les symptômes apparaissent : maux de tête, vomissements, déshydratation, fièvre voire pire convulsions.
• Un dysfonctionnement des centres de régulation de la température
La chaleur extérieure couplée à l’énergie émise par le soleil et perçues par l’organisme provoquent un dérèglement de la machine de régulation de la température corporelle située dans l’hypothalamus, une partie du cerveau située près de la nuque.
Les cellules sont en état de souffrance suite à cet apport d’énergie sous forme de chaleur. La logique voudrait que l’hypothalamus fasse en sorte d’évacuer ce surplus calorifique de sorte à rétablir une température de 37°C. Dans ce cas précis, c’est l’inverse qui se produit : les cellules lésées libèrent des molécules appelées substances pyrogènes. Elles ont pour rôle de faire savoir à l’organisme qu’il y a un problème et stimulent l’hypothalamus de sorte à faire grimper la température : c’est le mécanisme de la fièvre.
Sauf que dans ce cas-ci il n’y a pas d’infection par un élément pathogène, la fièvre accroît donc la souffrance cellulaire, ce qui augmente la sécrétion de substances pyrogènes qui stimulent encore plus l’hypothalamus, etc.
Les vaisseaux sont contractés de sorte à maintenir la chaleur dans le corps ainsi que les muscles, d’où les tremblements visibles lors d’une insolation. Seul moyen d’enrayer la machine défaillante, provoquer une dilatation des vaisseaux en recouvrant l’individu de serviettes imbibées d’eau froide pour favoriser l’échange de chaleur de l’intérieur vers le milieu environnant.

Un choc thermique qui peut être fatal
Après une bonne suée, rien de plus agréable que de plonger dans l’eau pour se rafraîchir. Attention, il faut prendre le temps d’y entrer progressivement sinon vous risquez une hydrocution.
• Un choc thermique important
Comme vu précédemment, l’hypothalamus a pour rôle de maintenir la température corporelle à 37°C quelles que soient les conditions extérieures. C’est la thermorégulation. Lorsque vous bronzez sur la plage, le corps est confronté à une température extérieure chaude ; pour préserver la température, le cerveau envoie des messages nerveux de sorte à favoriser la perte calorifique. Pour cela, il favorise la sudation mais également la vasodilatation périphérique, c’est-à-dire l’ouverture des vaisseaux sous cutanés pour augmenter l’échange de chaleur avec l’environnement. Le débit cardiaque est aussi augmenté de manière à acheminer le plus de sang à la périphérie.
Lorsque vous vous jetez dans une eau froide, la peau se refroidit brutalement ; les vaisseaux sanguins se compriment immédiatement. Conséquence : le sang reflue rapidement vers l’intérieur, le cœur n’a pas d’autre alternative que réduire considérablement son rythme cardiaque pour diminuer l’afflux sanguin. Le cerveau est alors d’un coup rationné en oxygène ; le baigneur fait alors une syncope dans l’eau. Si personne ne l’accompagne, la noyade est une issue fatale possible.
• Les signes précurseurs
Petit, votre maman vous a certainement déjà dit de faire attention en entrant dans l’eau. Il y a des signaux physiques qui annoncent le risque d’une hydrocution :
– Des picotements.
– Des frissons.
– De violents maux de tête.
– Des troubles de la vue et de l’audition, des crampes et une sensation de profonde fatigue.
Pour éviter cet arrêt cardio-ventilatoire, il faut accoutumer doucement son corps au changement de température qui va s’opérer lors de l’entrée dans l’eau. Il est préconisé de :
– Se mouiller les bras, le torse et la nuque (là où est situé l’hypothalamus).
– Entrer doucement pas à pas dans l’eau pour que l’organisme adapte le débit cardiaque et sanguin et donc éviter un malaise.
– Ne pas boire d’alcool avant d’aller se baigner car il facilite la vasodilatation donc le choc thermique sera encore plus important.
– Ne pas s’exposer évidemment trop longtemps au soleil avant d’aller piquer une tête.

Le soleil : notre meilleur ennemi
Nous naissons tous avec un capital soleil ; celui-ci dépend de vos gènes et du type de votre peau. Plus vous êtes mate, plus vous disposez d’un capital soleil important. Inversement, si vous êtes roux ou que vous avez la peau claire ; votre peau renferme peu ou pas de mélatonine donc elle est extrêmement sensible voire intolérante aux rayons UV.
Aujourd’hui, les médecins effectuent beaucoup de prévention sur le bronzage et surtout sur les cabines à UV. Certes, la mode est au teint hâlé mais la santé prime avant tout. Chaque année, le nombre de mélanomes et d’autres cancers de la peau augmente de manière inquiétante. Une enquête faite récemment auprès de Français indique qu’ils ont conscience des risques qu’ils encourent à s’exposer aux pires heures de la journée au soleil avec ou peu de protection. Mais la quête du bonheur et de la bonne mine ont apparemment plus d’emprise.
Il ne faut pas non plus fuir le soleil comme la peste car il a de nombreux bienfaits avec la synthèse de vitamine D, d’endorphine… Mais il faut s’adapter suivant son type de peau. Les gestes sont simples :
– Pas d’exposition entre 11 heures et 15 heures.
– Mettre de la crème solaire toutes les deux heures et d’indice propre à votre peau.
– Mettre un tee-shirt et un chapeau pour éviter les insolations.
– Bien s’hydrater en buvant régulièrement.

Source : L’Internaute

Publicités
Cet article a été publié dans Santé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s